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Sinon j'ai vu THE PREDATOR

Et c'est très exactement ce qui se passe quand quelqu'un décide de tourner un film de SF pour vidéoclubs avec un budget boursouflé. C'est de très mauvais goût et les prédators sont ratés, mais j'ai a-do-ré. C'est un film de studios réalisé par un type qui n'en a plus rien à foutre, tu sens qu'on lui a envoyé des "notes" tout au long de la production et qu'il y a été avec un enthousiasme limite trollesque. "La production veut un petit autiste ? Eh ben donnons-lui un petit autiste. Tu sais quoi ? On va même refaire Rain Man en miniature tiens. Andale ! -tu sais ce qui serait mieux que Rain Man? -Vas-y ? -....ET. -T'es con. -Pas cap. -Tiens ma bière." Ca et si tu fais du jeu de rôle, l'équipe te dira quelque chose, c'est : un groupe de mercenaires super-badasses et chacun a son défaut psychologique SUPER subtil et sa spécialité de badasse, qui passe son temps à balancer des vannes nulles et à se chambrer mutuel...

Sinon j'ai vu VENOM

Et c'est l'équivalent cinématographique du bâtard moche, boiteux et baveux qu'on adopte dans un centre mais qu'on aime d'amour et qu'on trouve adorable. C'est, quelque part, le chaînon manquant et superfétatoire entre 48 HOURS, THE MASK et YOU'VE GOT MAIL, mais dans l'univers de SPIDERMAN. Non, ça ressemble à rien. Oui, tout le monde est en roue libre. Oui, le montage est total ement aux fraises, t'as des beats qui bégaient, des persos qui ont l'air de changer de motivation en cours de route sans rien dire à personne et il faut attendre grosso merdo la moitié du film pour qu'il commence à ressembler à ce qu'on t'a vendu. Et j'ai bien aimé parce que j'aime tout. Enfin, non : j'ai bien aimé parce que Tom Hardy sait que c'est pas tous les jours qu'on t'offre une licence avec une reconnaissance produit pareille et est bien décidé à faire tout ce qu'il peut pour que ça soit un succès,et vu le résultat...

Sinon j'ai repensé à l'hypothèse du Marty manquant

C'est une théorie de fans à propos de RETOUR VERS LE FUTUR qui traîne çà et là sur les interwebs de la toile numérique. Elle répond à la question suivante : qui pilote la DeLorean qui disparaît à la fin du film ? Alors c'est tordu parce que c'est du voyage dans le temps. Donc à la fin du film Marty arrive quelques minutes plus tôt que prévu à son époque à lui. Il arrive au désormais Lone Pine Mall, voit la DeLorean partir vers ce qu'on suppose être les années 50, Doc se faire trouer par les Lybiens, etc. MAIS. On sait que le "présent" est changé par les événements du "passé", puisque c'est le Lone Pine Mall, et plus le Twin Pine Mall puisque Marty a défoncé un des deux pins au début du film. Et puis parce que c'est un peu là-dessus que repose TSOUTE L'INTRIGUE DE C'TE POUTSINE DE FILM, LÂ. Du coup, qui pilote la DeLorean ? Pas notre Marty à nous, celui qui devait emprunter la caisse de son tocard de daron pour peloter Jenn...

Sinon j'ai revu SHIN GODZILLA

...et c'est quand même pas mal, limite génial, si ce qu'on veut d'un film de monstres géants c'est qu'il ressemble à The Wire.  L'idée de ce reboot total, c'est de mettre en face de Godzilla un monstre à sa hauteur : le Japon, avec son infrastructure, sa technologie, son administration, ses ressources. C'est en le revoyant que j'ai percuté : ce Godzilla est réalisé comme un épisode de Il était une fois la vie, et Godzilla est un très, très gros rhume. Il arrive, c'est la panique, le cerveau réagit n'importe comment, le Japon tombe malade. Puis on forme une unité spéciale pour gérer le problème et le système immunitaire se met en route et lance les globules blancs.  Sur tout ça plane une fascination morbide que je partage pour les rouages administratifs, les blocages arbitraires de procédures, les raisons derrière les législations et comment les gens qui doivent faire le taf malgré tout ça arrivent à faire ce taf sans trop marcher sur l...

Sinon j'ai vu MANDY

Il faut voir Mandy . C'est tu prends El Topo, Cobra, Mad Max, Commando, Deliverance, Opera, Texas Chainsaw Massacre, plein de trucs en fait, tu dis au directeur photo de prendre plein de drogues et tu nappes d'une bonne couche de Nicolas Cage. Le plus Cage des Nicolas Cage.  Vu que le film est grand huit expérimental qui aligne les tableaux avec le rythme lancinant et les illustrations violettes d'un album de Cathedral , j'ai pas trop envie de spoiler les grands moments pour préserver l'effet, mais ce film contient un plan séquence où Cage descend une bouteille de vodka. En slip. En alternant pleurs et cris de rage. C'est merveilleux.  Et oui, c'est ridicule, mais c'est aussi prenant et touchant. J'ai l'impression que c'est un peu le but. Tenter une odyssée doom metal et grotesque, rendre hommage à l'essence d'une époque dont on a plus que les oripeaux. Un revenge flick psychédélique où Cage prend des drogues armé d'une...

Sinon j'ai vu SOLO

Et c'est un peu triste de constater que les trucs biens se trouvent ENTRE les passages obligés qui, eux, sont prévisibles en diable et qui s'en fout ? ::lève la main:: Parce que bon, le film répond à des questions que pas grand monde se pose. "Pourquoi Han voulait-il devenir pilote ?" Je sais pas, il vit dans un monde où on peut aller dans l'espace comme on part en road trip, c'est pas suffisant pour expliquer l'envie d'ailleurs ? Visiblement non, faut prendre une séquence pour expliquer que vois-tu le papa de han il travaillait sur un chantier naval mais il a jamais pu quitter la planète et gneu-gneu. MAIS le chantier naval, tu le vois, y'a une course poursuite dedans, et il sert bien. Genre tu reconnais les pièces des vaisseaux mais tu n'en vois aucun terminé : ça raconte la même chose, mais visuellement. Et c'est comme ça tout le temps. Okay, j'imagine qu'il y a des passages obligés dans un script pareil, genre "Han ...

Sinon j'ai vu L'HOMME QUI TUA DON QUICHOTE

C'était vraiment du Gilliam. Du très Gilliam. Le plus Gilliam.  Un peu comme William Gibson, inventeur du cyberpunk, n'a plus besoin du futur pour écrire du cyberpunk, Gilliam n'a plus besoin d'univers branques pour écrire du picaresque. Il suffit de prendre notre monde à nous et des gens bardés de pognon, méchants comme pas deux et cons comme des billes pour que ça devienne très vite n'importe quoi. Et bien sûr, puisqu'il ne fait que ça de sa vie, Gilliam parle du rapport aux histoires -- des carabistouilles auxquelles on croit tous pour tenir debout. Mais là, Gilliam rappelle que les histoires ça coûte du fric, et ce que le fric fait aux histoires, à toutes les histoires. Pire: quand tu n'as pas de fric, une histoire ça peut coûter autre chose.  Et c'est très sale, mais assez fin ? Pas dans le sens où les effets sont subtils, c'est du Gilliam, comptez pas dessus, mais dans le sens où ce que ça montre comme rapports humains et conséquences...